partage de livre

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partage de livre

Message par julie dudoux le Ven 30 Mai - 15:33

Bonjour , voici un texte pour partager mais aussi je voulais me faire connaitre et comme je découvre votre forum, peut-être suis je au mauvais endroit? alors voilà, je vous présente mon premier roman "Blanc-de-gris " et je vous invite à aller voir sa bande annonce sur youtube avec le lien suivant:

 

https://www.youtube.com/watch?v=f7aNYMoch6Y
~~Ce livre est un roman qui raconte l'histoire d'une jeune femme Chloé (le narrateur) éperdument amoureuse de son mari mais aussi de la vie. Elle essaie de s'épanouir au milieu de papillons bleus mais n’ose pas affronter la réalité, préférant se voiler la face. Elle accumule les non-dits et les déceptions qu’elle garde, chaque fois, un peu plus au fond d'elle-même. Elle se persuade de mener une vie heureuse de femme aimante et de maman presque comblée mais en réalité elle cache aux autres un terrible secret qu'un accident de la route va finir par révéler de manière tout à fait inattendue...




vous pouvez aussi vous rendre sur mon site avec le lien suivant:

http://juliedudoux.wix.com/juliedudoux

en attendant comme promis voici une nouvelle créée à l'occasion de la journée de la femme , le 8 mars dernier.



Un thé aux embruns



 



 



Oublié dans ma poche, ce vieux ticket de caisse me rappelait à mes obligations matérielles. Je ne pouvais retarder indéfiniment cette échéance affligeante, il fallait bien remplir ces placards vides pour contenter ces petits ventres en demande. Pour me rendre au magasin, je longeai la mer. Le ciel était d'un bleu éclatant en ce début de mars.



C'était trop tentant. Ou bien j'assumai mon rôle de mère de famille comme d'habitude et je continuai tout droit pour m'acquitter de ces courses ou alors je me garai et allai boire un petit cappuccino au bord de l’eau. Le temps filait à toute allure et je n'avais plus aucun moment de liberté. J'avais envie de me détendre, de souffler un peu, de ralentir ma vie en prenant quelques heures toute seule, rien que pour moi.



Finalement, en tout égoïsme assumé, je choisis la deuxième option. Et tant pis, si mes enfants me bouderaient parce que je n'avais pas ramené l'essentiel de leur vie c'est- à dire du Nutella. Tant pis aussi si mon mari prendrait une tête de labrador malheureux devant son omelette ce soir après m'avoir lourdement suggéré son envie de raviolis au pesto dès le petit déjeuner. Car j'avais tout simplement envie de capturer le temps. Toute cette routine, toutes ces corvées comme les courses, les sorties d'école, les goûters, les devoirs, les bains, les préparations des repas pendant des heures expédiés en quelques minutes sans aucun regard reconnaissant, toutes ces attentions qui emplissaient mon quotidien et dont je redoublais à l'égard des miens afin qu'ils fussent comblés ne me laissaient aucun répit, aucun moment de solitude. Et j'en avais besoin. Me retrouver seule, l'esprit vide, juste pour penser à tout et à rien, sans contrainte.



Ce fût donc sans aucun état d'âme que je stationnai ma voiture au bord de l'eau. J'avais oublié combien elle était lisse et brillante. Illuminée par les rayons flamboyants du soleil, elle apparaissait encore plus limpide en roulant sur le sable fin avec un bruit cristallin. Je m’attablai dans une brasserie avec vue plongeante sur ce bout de méditerranée, mes yeux brillaient d'allégresse. S'ils me voyaient ainsi, toute seule, que penseraient-ils de moi? Ils me trouveraient sans doute bizarre, là, à prendre du bon temps au lieu d'accomplir mes tâches ménagères ? Mais peu importait, mon regard s'imprégnait pleinement de cette étendue bleue qui se profilait devant moi. J'hésitai entre un thé ou un cappuccino. Un thé. Ce fut un merveilleux thé. Un thé tout simple, parfumé à la framboise mais surtout embaumé par les effluves d'iode qui réveillèrent en moi des images de ma jeunesse enfouies depuis bien longtemps par les aléas de ma vie de famille.



Je me revoyais défiler à tous les âges sur ce magnifique bord de mer de La Ciotat. D'abord déambulant sur mon petit vélo avec mon père tentant en vain de m'équilibrer sur mes deux roues hésitantes. Puis assise sur le sable fin , avec mon chapeau de paille, entourée de toute ma panoplie de jouets en plastique, prenant le temps de plonger abondamment mes petites mains dans la douce poudreuse jaune pour la tâter, la tamiser , la modeler, la façonner selon mes inspirations. En apercevant le monument des Frères Lumières, l’image de deux petites filles, ma sœur et moi, en patins à roulettes, glissant à tire-larigot sur les pavés de goudron rose en contournant inlassablement l'édifice, se distinguait dans les vapeurs de mon thé. Enfin juste devant moi, ce petit muret de béton grisâtre me ramenait à mon adolescence. J'y appuyai mon vélomoteur et sans attendre une seconde, retirai mes chaussures dans l'intention de sentir immédiatement le sable chaud sous mes pieds, pour ensuite m'étendre dessus , laisser le soleil brunir délicatement ma peau et puis surtout savourer ce premier moment d'intense communion avec l'eau qui remontait d'abord sur mes chevilles pour progressivement, au gré des vaguelettes, envelopper tout mon corps. Et ressortir de l’eau, la peau parfumée de sel, les cheveux mouillés et blondis par l'iode. Depuis combien d'années n'avais-je pas pris le temps de me baigner vraiment, toute seule, pour retrouver ces sensations si réconfortantes, si relaxantes? Nager librement sans avoir le souci de surveiller l'un ou l'autre, sans devoir veiller au bien être des miens , ne m'était plus permis sous prétexte d'être mère. Alors que j'aimais tellement être bercée par le mouvement de l'eau comme je l'étais, là, en ce moment par celui du temps. Rien qu'à l'évocation de ces souvenirs d'antan si apaisants, je me sentis revigorée d'enthousiasme. Je ne pensais qu'à moi, je ne voyais plus que moi. Le temps était mien pour un instant. Je prêtai serment devant ce thé aux saveurs délicieuses de renouveler très rapidement cette expérience de solitude si régénérante.



 



Je souris au serveur, qui l'air enjoué, me demanda si je désirai autre chose.



Non, rien d'autre. J'avais tout ce qu'il me fallait. Mon thé, la mer et moi.



 



 



 



 

julie dudoux

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Date d'inscription : 30/05/2014

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